Origine du mannequinat : connaître ses origines et son évolution

1897. Les premiers contrats de mannequins, payés à la journée, surgissent, bien avant que le mot « mannequin » s’impose dans les conversations. Les agences ? Elles attendront encore plusieurs décennies pour bouleverser la donne. Dans ce paysage mouvant, les débuts du métier dessinent déjà les contours d’une industrie en pleine mutation.

Aux origines du mannequinat : de la représentation à la profession

Oubliez les flashes et les studios. Le mannequinat s’invente discrètement, dans l’ombre des salons des grandes maisons parisiennes. Fin XIXe siècle, Charles Frederick Worth innove : il préfère montrer ses robes sur des femmes réelles, recrutées parmi le personnel. Ces « modèles vivants » n’ont ni reconnaissance officielle, ni contrat. Elles avancent, muettes, parées de créations taillées pour impressionner quelques clientes fortunées.

Peu à peu, ces modèles gagnent une place à part entière. Plus question de simple porte-manteau, le mannequin devient le dernier geste du couturier. Worth fait du défilé un rendez-vous attendu, où la robe s’exprime en mouvement. Le mannequin, c’est alors la silhouette qui donne vie à la coupe, qui fait vibrer la lumière sur le tissu. Outil vivant, il incarne la main du créateur.

Au fil des années, la profession se structure. Les maisons recrutent, forment, distinguent : il y a celles qui présentent les modèles en privé, et celles qui défilent lors des premiers shows officiels. Paris s’impose comme le laboratoire de cette évolution, chaque mannequin devient la signature mouvante de la maison, bien au-delà du simple essayage.

Comment le mannequinat s’est-il imposé dans l’histoire de la mode ?

Au commencement, la mode reste figée sur des bustes, ou sur des employées anonymes. La bascule survient lorsque le défilé devient événement, que la maison de couture expose ses créations devant journalistes et acheteurs à Paris. À ce moment, le mannequinat s’impose comme un rouage incontournable pour lancer une collection.

Dans les années 1950, tout change. Les photographes de mode, Richard Avedon ou Helmut Newton en tête, signent des images qui font des mannequins des stars. Leurs visages sont partout, leur façon de marcher inspire. La fonction s’éloigne de l’anonymat pour s’ancrer dans l’imaginaire collectif.

Les décennies suivantes accélèrent le mouvement. Jean Shrimpton bouleverse Londres, Yves Saint Laurent et Gabrielle Chanel réinventent Paris. Le mannequin devient ambassadrice, parfois muse, toujours symbole d’une époque. Les défilés s’ouvrent aux médias, la fashion week de Paris devient le passage obligé de la création contemporaine.

Voici quelques points marquants de cette ascension :

  • Le métier de mannequin s’impose comme la porte d’entrée vers l’industrie de la mode, attirant des générations de jeunes femmes.
  • La séance photo devient le moment clé, où la création s’offre au regard du public.
  • Des maisons comme Chanel ou Dior forgent leur image à travers leurs égéries, qui marquent durablement leur identité.

Ce métier épouse la trajectoire de la mode : il incarne le mouvement, l’image, l’audace.

L’évolution du métier : entre icônes, diversité et nouveaux enjeux

Place aux années 1980-1990 : la vague des supermodels déferle. Naomi Campbell, Claudia Schiffer, Cindy Crawford, Kate Moss, Laetitia Casta deviennent des références mondiales. Leur notoriété dépasse la mode, touche la pop culture. Le métier de mannequin rime désormais avec influence et storytelling. Pour les maisons de couture, choisir une égérie relève d’une stratégie aussi pointue que le choix d’une coupe.

La diversité s’impose, d’abord timidement. L’arrivée de mannequins noirs comme Naomi Campbell ouvre la réflexion sur la représentation. Les standards bougent, parfois sous la pression de mouvements militants et de jeunes créateurs. On parle enfin de santé mentale, de conditions de travail, de troubles alimentaires. Les prises de parole se multiplient, les lignes bougent.

Avec les réseaux sociaux, le paysage change à nouveau. Instagram, TikTok, YouTube brouillent la frontière entre mannequin cabine et influenceuse. Les agences adaptent leurs critères, les castings s’ouvrent à des profils plus variés. La visibilité ne se mesure plus seulement aux pages des magazines, mais aussi aux « likes » et aux abonnés. La carrière se construit désormais sur plusieurs fronts.

Voici comment ces évolutions se manifestent concrètement :

  • Les défilés intègrent davantage de diversité, visible sur les podiums et dans les campagnes.
  • Le statut d’icône évolue, dopé par la viralité des réseaux sociaux.
  • Les questions de santé et de bien-être deviennent centrales, portées par les débats publics et les témoignages des professionnels.

Artisan sculptant un mannequin dans un atelier ancien

Ressources et expositions pour explorer l’histoire du mannequinat

Envie d’aller plus loin ? Plusieurs pistes permettent d’explorer la richesse de cette histoire. À Paris, le Palais Galliera s’impose avec des expositions régulières sur la photographie de mode et les figures emblématiques du mannequinat. L’exposition « Mannequin, le corps de la mode » au Musée Bourdelle, en 2013, a marqué un jalon : elle montrait comment, du XIXe au XXIe siècle, le mannequin devient à la fois vecteur de tendances et révélateur social.

Les musées étrangers ne sont pas en reste. Le Victoria & Albert Museum de Londres ou le Metropolitan Museum of Art à New York déroulent l’histoire de la mode à travers des pièces iconiques, des photographies de défilés et les pages de magazines comme Vogue. On y suit la trace des grands noms, des coulisses des fashion weeks aux séances orchestrées par les plus grands photographes.

Pour les curieux, plusieurs ressources méritent l’attention :

  • Le concours Elite Model Look, qui lance des carrières depuis les années 1980, offre un panorama unique sur le recrutement et la diversification du métier.
  • Les archives des magazines Vogue, Harper’s Bazaar ou Numéro : ces pages racontent l’évolution du métier, entre posture d’icône et rôle d’ambassadrice pour chaque maison.

Impossible d’ignorer l’influence des réseaux sociaux. Instagram, TikTok documentent les coulisses, les préparatifs, les engagements. Désormais, l’histoire du mannequinat s’écrit autant dans les stories que dans les catalogues d’exposition. Entre podiums, hashtags et prises de parole, la profession n’a jamais cessé de se réinventer, et l’avenir reste à écrire, pas à pas, sur tous les écrans.

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